L’entrée en matière
Juriste pragmatique, coordinatrice d’événements et de gestion de crise lors des Jeux Olympiques, puis consultante engagée : Camille n’a pas un parcours tout tracé, et c’est précisément ce qui fait sa force. Entre passion pour le rock des années 80, course à pied intensive et amour inconditionnel pour les animaux, découvrez le portrait d’une professionnelle du droit qui aime saisir les beaux challenges et qui transforme la négociation contractuelle en une véritable expertise stratégique.
Peux-tu me réexpliquer les jobs que tu as eus?
Au sortir de la fac de droit, après un master juriste d’affaires international et européen, je me suis destinée à une carrière de juriste d’entreprise. Assez vite, j’ai surtout travaillé avec les acheteurs sur des contrats d’achat.
C’est ce que j’ai fait pendant dix ans dans plusieurs structures : tout d’abord chez ArcelorMittal et chez Cristal Union (la maison mère de la marque Daddy), dans l’industrie, puis dans le monde des assurances et mutuelles chez Malakoff Humanis pendant cinq ans avec pas mal de projets informatiques.
Puis j’ai eu l’opportunité d’une vie : travailler au sein de l’équipe juridique du Comité d’Organisation des Jeux Paris 2024. J’ai préparé les Jeux pendant 18 mois et pendant les Jeux, j’ai pris la fonction de coordinatrice événementiel et gestionnaire de crise. C’est la particularité de mon parcours de juriste.
Récemment, j’ai passé une année chez Decathlon, et puis j’ai eu envie de me lancer en tant que consultante.
Quel était ton style au boulot et comment tu interagissais dans ces entreprises ?
Je suis hyper pragmatique.
Ce qui m’intéresse surtout, c’est de comprendre l’écosystème dans lequel je suis.
J’aime comprendre ce que font les gens au quotidien, leurs enjeux, leurs problématiques, pour apprendre et leur apporter un retour. Je ne suis pas la juriste avec le nez dans les codes, je suis plutôt celle qui essaie de comprendre ce qu’on fait et comment sécuriser la pratique. Je me positionne vraiment en pivot entre différents interlocuteurs internes et externes. C’est la meilleure casquette du juriste !
Si on devait résumer ton parcours en un hashtag ?
Je mettrais #Challenge. Parce qu’à chaque fois, même si j’étais bien implantée quelque part, dès qu’un beau challenge se présentait, je le saisissais.
Quelle est l’idée préconçue du métier de juriste que tu aimerais déconstruire ?
L’idée la plus préconçue, c’est qu’on serait sur une fonction administrative, alors que pas du tout ! On a une vraie plus-value opérationnelle, on est là pour faire avancer et grandir les projets, on n’est pas juste des grattes-papier. Beaucoup de juristes sont très business partners. Dans ma carrière, j’ai très souvent eu une casquette de chef de projet, et les gens n’en ont absolument pas conscience.
Les petits bonheurs
As-tu un rituel sacré dans ta journée type ?
Mon bonheur, c’est de me lever le matin, déjeuner rapidement, enfiler les baskets et aller courir. Ça permet de démarrer la journée du bon pied, avec l’esprit focus sur ce que j’ai à faire. Et puis faire cinq minutes de petites gratouilles exclusivement réservées à mon chat tous les matins.
Quelle musique te fait du bien ?
J’ai grandi dans le rock et le métal des années 80, c’est ma musique de prédilection. Plus récemment, j’écoute pas mal de reggaeton. Ce sont deux facettes de ma personnalité, de la musique qui met de bonne humeur !
Si tu pouvais revivre une journée parfaite dans ta vie ?
Je choisirais la cérémonie d’ouverture des Jeux de Paris 2024. C’était l’aboutissement de deux ans de préparation pour moi, et c’étaient les plus beaux Jeux jamais vus. J’étais sur les quais de Seine sous la pluie et je pleurais tellement j’étais émue. C’est un cocktail détonnant entre l’émotion du moment, la fierté et la fatigue ultime. Un ascenseur émotionnel qu’on ne vit qu’une fois !
Quel est le compliment qui t’a le plus marquée dans ta carrière ?
C’est : « Merci, avec toi j’ai compris un sujet juridique. »
C’est la meilleure chose du monde parce que c’est l’essence même de ce que je veux transmettre : aider quelqu’un à comprendre et se rendre compte que ce n’est pas si compliqué quand c’est expliqué simplement.
Les convictions
À quoi ressemblerait la direction juridique du futur ?
Elle devra composer avec l’IA pour être moins parasitée par des tâches à moindre valeur. Elle pourra se concentrer sur le conseil client, la compréhension des enjeux et la stratégie. Demain, les juristes ne seront plus des relecteurs de contrats : c’est là que notre plus-value humaine et stratégique de négociateur prendra tout son sens.
Que voudrais-tu dire à toutes les personnes que tu as croisées dans ta carrière ?
J’aimerais leur dire merci. Même aux personnes avec qui j’avais le moins d’affinités, parce qu’on apprend de chaque rencontre. Ce que je fais aujourd’hui est le résultat de toutes les personnes avec lesquelles j’ai travaillé.
Quel est le meilleur conseil que tu as reçu d’un collègue ?
« Pose des questions. Tu ne sais pas ? Pose des questions. » Surtout en négociation et en contrat, il y a des informations clés qu’on n’a pas si on ne demande pas. Il n’y a jamais de question bête.
Quels seraient tes conseils pour réagir face à un conflit ?
La première chose, c’est de ne pas réagir à chaud. La deuxième, c’est d’essayer de comprendre la position de l’autre et ce qui l’irrite. Il faut réussir à décorréler le fond de la forme. À partir du moment où on s’emporte, on ne peut plus comprendre l’autre.
Quel est ton super-pouvoir en tant que collègue ?
On m’a souvent dit que je suis une « force tranquille ». Je veux que le projet avance, mais je ne me laisse pas facilement mettre sous pression.
Garder la tête froide et rester calme, ça rassure énormément les équipes autour de soi.
De toute façon, les dossiers, ça ne saigne pas !
Les habitudes positives… ou pas
Quelle est la chose dont tu ne peux pas te passer ?
Mon téléphone, je suis addict ! Récemment, j’ai fait deux jours de spa où le téléphone était interdit : je ne savais pas quoi faire, je n’arrivais pas à me reposer. J’ai compris qu’il fallait que j’introduise des temps sans écran.
Que fais-tu pour te détendre ?
Je joue de la musique (j’ai fait de la guitare pendant plusieurs années) et je fais des activités artistiques comme de la peinture à numéros.
Et je fais beaucoup de course à pied : je suis actuellement en préparation marathon. Je cours 50 km par semaine, c’est très engagé en volume et en temps !
As-tu un mantra que tu te répètes souvent ?
Une citation de Nicolas Boileau : « Ce que l’on conçoit bien s’énonce clairement. »
Si les choses ne sont pas dites clairement, c’est qu’elles ne sont pas comprises.
Le fun fact
Ton signe astrologique ?
Gémeaux ascendant Lion. Signe curieux, sociable, qui adore apprendre et transmettre de ce que j’ai compris du podcast que j’ai écouté sur ce sujet. C’est exactement moi !
Si tu pouvais avoir un super-pouvoir ?
La téléportation, sans hésiter ! Pour me retrouver sur une plage grecque en deux minutes et éviter les vols longs ou les bouchons du matin.
Basket ou chaussures de ville au boulot ?
Basket ! J’ai complètement lâché les chaussures de ville chez Paris 2024 et il n’y a pas eu de retour en arrière.
As-tu une anecdote insolite survenue pendant Paris 2024 ?
Pendant les Jeux, les animaux étaient interdits au stade Pierre Mauroy (sauf chiens guides).
Une dame s’est présentée avec un chihuahua dans son sac. La décision de le laisser entrer m’est revenue via la tour de contrôle. Au talkie-walkie, tout le monde s’est mis à chanter la chanson Chihuahua ou faire des vannes.
J’ai pris la responsabilité de laisser entrer le petit chien. Ça a mis une ambiance formidable dans l’équipe et il n’y a eu aucun incident !
La contribution à la communauté juridique
Quel est ton sujet de cœur dont tu pourrais parler pendant des heures ?
La négociation ! C’est à la croisée du business, du juridique et de la communication. Ce n’est pas un soft skill, c’est un hard skill avec une vraie méthodologie et des techniques qui s’apprennent.
Quelles compétences développes-tu en ce moment ?
La capacité de transmettre. L’idée de Proesia, c’est d’accompagner au maximum les directions juridiques et les juristes dans leurs problématiques de négociation et de contrats au quotidien.
Quelles sont les compétences essentielles pour les juristes de demain ?
Devenir de vrais stratèges ! Aller au-delà du droit, porter des projets, communiquer et négocier correctement, et comprendre en profondeur les enjeux opérationnels.
Le #gratitude
À qui adresserais-tu ton #gratitude ?
#Gratitude à mon conjoint. Il est exceptionnel, c’est mon meilleur soutien et il est de très bon conseil. Quand j’ai décidé de quitter mon CDI pour aller bosser aux JO alors qu’on faisait construire une maison, ou quand je décide de me lancer en tant que consultante, il m’accompagne. Il fait énormément dans la façon dont je mène ma carrière.
Prêt·e à faire évoluer vos juristes vers un rôle de véritable stratège de la négociation ?
Comme Camille, vous êtes convaincu·e que la valeur d’une direction juridique réside dans son pragmatisme, son impact stratégique et sa capacité à communiquer clairement avec le business ? N’hésitez pas à la contacter pour échanger avec elle.
Chez Your Legal Angel, nous accompagnons la transformation de vos compétences et l’optimisation de vos pratiques juridiques. Contactez-nous pour échanger sur vos projets de transformation !
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